La Risposte se transforme
Bonjour à toutes et à tous,
Depuis près d’un an, La Riposte offre aux jeunes du quartier Évain, de même qu’à leurs parents, un lieu d’échange et d’information via le Journal l’Ensemble, un blogue et une adresse courriel (lariposte@cablevision.qc.ca). Ainsi, au fil des publications, près d’une douzaine d’articles sur différents sujets tel le percing, les relations amoureuses, les styles vestimentaires, etc. ont permis un échange et un partage des plus enrichissants.
Cependant, comme tout projet dynamique, La Riposte amorce un tournant dans son mode de fonctionnement. En raison d’une affluence réduite au niveau des demandes, tant sur le blogue que via le courriel, La Riposte assumera désormais une vocation de type ‘’multifonctionnel’’.
En d’autres termes, moi Le Riposteur, continuerai à répondre aux questions acheminées par la communauté mais davantage via le blogue et le courriel, n’excluant toutefois pas la possibilité d’en publier de temps à autre. La fréquence des publications s’en trouvera donc assouplie puisque les intervenants(tes) de la Table orienteront leur énergie vers le support aux jeunes dans l’élaboration des divers projets.
À cet effet, La Riposte servira de courroie de transmission pour vous informer du développement et de la mise en chantier de ces différents projets par et pour les jeunes du quartier Évain.
D’ailleurs, un projet entièrement élaboré et soumis par un groupe d’une dizaine de jeunes de 12 à 16 ans, a fait l’objet d’une présentation au conseil municipal du 17 avril dernier. Pour de plus amples informations sur les développements de ce projet…n’oubliez pas de lire La Riposte du mois prochain!
Au plaisir,
Le Riposteur
(au nom des membres de la Table de concertation pour les jeunes d’Évain)
Suicide… un mot qui fait peur !
Salut le Riposteur,
Je t’écris aujourd’hui car je suis très inquiet pour mon chum. Depuis un petit bout de temps, je le sens maussade et à vrai dire plutôt déprimé. L’autre jour, il m’a dit qu’il voyait noir, que tout allait mal dans sa vie présentement. Il m’a aussi dit que tout le monde se porterait mieux s’il disparaissait, qu’il pensait partir seul pour un bon bout de temps. Je n’ai pas trop compris sur le coup, mais là je me demande ce qu’il veut dire par là, je le soupçonne de vouloir s’enlever la vie. Pourtant, ça se peut pas, il m’a toujours toute dit, et une affaire comme ça, c’est gros. Comment je peux savoir ce qui se passe dans sa tête, si je lui parle de suicide j’ai peur qu’il ne me parle plus ou, j’ai peut être aussi la crainte de lui mettre ces idées dans la tête et qu’il passe à l’action. Est-ce moi qui paranoïd, j’ai vraiment besoin de tes conseils.
J-F.
Bonjour J-F,
Dans un premier temps, je vois que tu es à l’écoute de ton ami et que celui-ci
semble avoir confiance en toi. Le suicide, c’est sûr que nous aimerions ne pas en parler, on espère tous que cela n’arrivera jamais à une de nos connaissances. Il ne faut pas ignorer la possibilité que le suicide pourrait prendre la vie d’une personne qu’on aime.
Lorsqu’un proche change subitement de comportement, parle de son désespoir et qu’il lance des messages dont tu me fais part dans ta question, cela doit être
pris en considération. Je perçois ta crainte face à l’attitude à prendre dans de
telles circonstances.
Premièrement, il faut toujours prendre les menaces de suicide au sérieux, elles
sont des appels à l’aide. De plus, la plupart des personnes donne des signes de
leurs intentions suicidaires. En réalité, la personne suicidaire est généralement
ambivalente : ce n’est pas la mort qui est recherchée, mais la fin de sa
souffrance. Quelques mythes résident dans le fait que de parler de suicide à une personne perturbée lui donnera l’idée de passer à l’acte. À cela je te répondraisque de lui demander s’il songe au suicide, peut au contraire ouvrir des portes à travers lesquelles il pourra exprimer sa souffrance. Tu lui démontres que tu veux l’aider. Parler du suicide ne peut que diminuer les chances qu’une personne passe à l’acte. Il est donc important de reconnaître les signes avant-coureurs et ouvrir le dialogue avec ton ami et du fait même, trouver des alternatives satisfaisantes.
Voici quelques signes avertisseurs :
-une personne qui exprime souvent des sentiments de désespoir et d’impuissance;
-elle présente des signes de dépression;
-elle montre des changements d’humeur soudains,de façon inattendue, la personne donne certains articles précieux à des amis;
-elle fait des remarques relatives à la mort.
En terminant, exprime ton inquiétude à son sujet, demande lui s’il y a quelque
chose que tu peux faire, tu peux aussi lui demander si d’autres personnes sont au courant de ses intentions suicidaires.
Voici les ressources auxquelles tu peux faire appel :
Centre de santé et de services sociaux de Rouyn-Noranda (1, 9e rue) ou à l’urgence
de l’hôpital. Un numéro sans frais est également mis à la disposition des
personnes ayant des idéations suicidaires et à l’entourage. 1-866-APPELLE
(277-3553).
Pour nous contacter ou pour réagir à cet article, deux moyens :
Via notre blogue en laissant un commentaire;
Via notre adresse courriel : lariposte@cablevision.qc.ca
Avis de recherche : La FPS est portée disparue!
Salut le Riposteur !
Si je t’écris aujourd’hui, c’est pas parce que j’ai des problèmes mais c’est parce que j’avais envie de me plaindre un peu ! L’autre jour, j’étais avec ma gang pis on se demandait pourquoi les cours de FPS avaient disparus à l’école. On trouve ça ben plate parce c’tait souvent dans ces cours là qu’on allait chercher full d’infos sur plein de sujets comme le sexe, les MTS pis plein d’autres affaires…
Une fille un peu fru !!!
Salut à toi et merci de m’écrire même si tu n’as pas de gros problème !
Dans un premier temps, quand j’ai lu ton courriel, j’ai voulu en savoir un peu plus sur
la FPS. Suite à un petit sondage-maison auprès de quelques jeunes du secondaire, j’ai appris que FPS signifiait “Formation Personnelle et Sociale”. On m’a également expliqué que ce cours était principalement axé sur le vécu des élèves. Les thèmes abordés tournaient habituellement autour de la sexualité, les relations amoureuses, les drogues : en fait, tout sujet en lien direct avec les préoccupations identifiées par les jeunes eux-mêmes. Cette petite enquête m’a permis de comprendre que la disparition de
la FPS privait sans doute les jeunes d’une source importante d’informations. Je vous invite donc, toi et tes amiEs, à transmettre votre déception à la direction de votre école, verbalement ou par écrit (tu sais du genre pétition avec plein de signatures) !!! Entre temps, j’ai pensé vous fournir une liste de ressources pouvant répondre à vos interrogations sur une foule de sujets et ce, de façon tout à fait anonyme et confidentielle. C’est certain que vous pouvez toujours vous adresser directement aux intervenants(tes) de l’école (infirmier(ère), travailleur(euse) de corridor, éducateur(trice), etc.). Mais il y a aussi les quelques ressources suivantes que vous pouvez utiliser aussi souvent que vous le souhaitez:
lariposte@cablevision.qc.ca (pour joindre le Riposteur,bien sûr !)
Tel-Jeunes : 1-800-263-2266 ou www.teljeunes.com
Jeunesse J’écoute : 1-800-668-6868 ou www.jeunesse.sympatico.ca
DROGUE – Aide et référence : 1-800-265-2626
Gai écoute : 1-88-505-1010 ou www.gai-ecoute.qc.ca
La clinique Jeunesse du CLSC : (819) 762-8144
Info-Santé : (819) 762-8144
Au plaisir de te relire,
Le Riposteur
P.S. Pour ta culture personnelle et celle de ta gang, sache que le terme MTS fait désormais place à l’appellation ITSS qui signifie “Infection Transmissible Sexuellement et par le Sang” !
AYOYE ! J’capote man!
Salut Riposteur,
Mettons que je m’appelle Bob (c’est petit Évain), j’ai 16 ans et je ne suis plus sûr d’avoir toutes ma tête. Depuis environs trois mois j’ai l’impression de devenir fou, de ne plus contrôler mon cerveau, d’en perdre des bouts, pis d’en inventer d’autres.Je suis dans la lune plus que jamais, je suis pas mal down, j’ai toutes sortes de pensées weirds qui s’incrustent dans ma tête sans que je le veule.Pis en plus, les gens commencent à s’en rendre compte, ils me posent des question sur mon état, me demande continuellement si ça va ou plutôt qu’est-ce qui ne va pas ? Ils m’observent, me fixent du regard, je crois même que mes parents me suivent, m’espionnent (ils pensent que c’est a cause de la dope). Mes amis me lâchent tranquillement, me bitchent dans le dos (ils me le disent pas mais je le sais) c’est rendu que je passe le plus clair de mon temps à mon ordi ou plogués sur mon ipod c’est dans ses moments là que je me sens le mieux, j’en peux plus des hypocrites qui veulent savoir ce qu’il y a dans ma tête mais qui sont pas capable de livrer le fond de leur pensée.C’est –tu ça devenir fou ? Peut-être que c’est juste une mauvaise passe ?Y peuvent – tu m’enfermer au 6 ? Je ne veux pas devenir un zombie avec leurs pilules.
Bob (mettons)
Salut Bob, Je suis content que tu ais pris le temps de m’écrire. Dans un premier temps je dois te dire que je ne suis pas médecin ni psychiatre et que je ne m’aventurerai pas à essayer de poser un diagnostique sur ce que tu vis présentement, mais ça m’apparaît assez clair que ça ne va pas depuis quelques mois, et tu sembles en être conscient ainsi que ton entourage. En premier lieu, j’aimerais définir les concepts de santé et de troubles mentaux car cela semble te préoccuper particulièrement. La santé mentale correspond à l’équilibre psychique d’une personne, à sa capacité de ressentir un bien-être émotionnel, de trouver de la satisfaction dans ses relations avec les autres et d’établir des raisonnements qui lui permettent d’adapter ses gestes aux circonstances. Les troubles mentaux, quant à eux, sont définis comme des maladies caractérisées pouvant être diagnostiquées et qui entraînent une détérioration marquée des capacités cognitives, affectives ou relationnelles de l’individu. Je crois qu’il serait temps pour toi de répondre sincèrement aux questions : comment ça va ? ou qu’est-ce qui ne va pas ? avec un adulte en qui tu as confiance (parents, famille élargie, voisin, professeur, entraîneur, intervenant, etc…) Par la suite, de façon autonome ou accompagné, tu pourrais consulter ton médecin de famille ou un médecin aux urgences pour avoir un examen approfondi et une opinion professionnelle sur ton état de santé.Il est loin d’être entendu que ton état nécessite une hospitalisation et l’on n’hospitalise généralement pas les personnes mineures au « 6 » si cela peut te rassurer.Notre cerveau est une partie de notre corps au même titre que les autres et il n’y a aucune honte à consulter lorsque l’on perçoit un problème de ce coté là. Au contraire cela risque d’éviter à la situation de se détériorer .Voir de régler le problème ou au moins améliorer ta condition actuelle. Prends soins de toi !
Le Riposteur
Une pilule dure à avaler…
Bonjour,
Je m’appelle Mel et j’ai 15 ans. J’passerai pas 4 chemins, ça fait que voici mon problème. J’ai un chum depuis quelque mois et on a des relations sexuelles depuis un p’tit bout de temps. On utilise les condoms mais là, on aimerais ben ça passer à d’autres choses, pis j’ai toujours peur que le condom se brise à un moment donné. Le problème c’est que ma mère veut rien savoir que je prenne la pilule parce qu’à dit qu’à peut pas m’empêcher de faire certaines choses, mais qu’à commencera pas à me rendre ça plus facile. Est-tu vraiment obligé de m’donné sa permission ?
Salut Mel,
Je suis bien content que tu m’écrives car ça va me permettre de faire le point sur une partie de la loi concernant les jeunes.
Sache dans un premier temps que dès l’âge de 14 ans, l’autorisation des parents n’est pas nécessaire pour obtenir des soins médicaux. Cependant, si les soins requis risquent d’entraîner des conséquences graves ou si tu dois être hospitalisée plus de 12 heures, ta mère (et ton père s’il est dans le décor) en sera obligatoirement informée. Donc, plus particulièrement en ce qui concerne la prescription de contraceptifs, la loi te permet de prendre un rendez-vous et d’obtenir une ordonnance sans que ta mère soit au courant.
Dans un deuxième temps, je tiens à te féliciter pour l’attitude responsable dont vous faites preuve, ton chum et toi. Certes, je comprends par ta lettre que ta mère n’est pas vraiment en accord avec votre vie sexuelle. Cependant, je ne crois pas qu’elle serait davantage enchantée par la possibilité de devenir grand-mère avant le temps, ou de te voir placée devant un choix douloureux.
Bien que je t’encourage à continuer de demeurer responsable comme tu sembles l’être, je me permets également te suggérer de poursuivre la discussion avec ta mère concernant ses craintes et sa position actuelle face à ta sexualité. Elle a certainement ses raisons pour réagir de la sorte… et tu pourrais être étonnée de les découvrir!
En terminant, je tiens à te rappeler que la pilule est un contraceptif des plus efficace, mais pour ce qui est des Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang (ITSS), le condom demeure ton meilleur allié !
Pour plus d’informations, tu peux d’adresser directement à la Clinique Jeunesse de CSSSRN au 762-8144 ou en t’y rendant directement (1, 9ième rue à Rouyn-Noranda).
Bonne chance et au plaisir !
Le Riposteur
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Quand l’habit ne fait pas le… jeune!
Salut le Riposteur !
Je m’appelle Dave, j’ai 14 ans et j’ai besoin d’un conseil. Tu vois, depuis l’incident de Dawson, beaucoup de personnes parlent contre les gothiques, comme si c’était tous les gothiques au monde qui étaient des tueurs. Ce qui n’arrange pas les choses, c’est que je suis un gothique moi-même. Alors maintenant, j’ai l’impression que tout le monde me regarde croche et en plus, ma mère ne veut même plus que je m’habille en gothique, elle dit qu’elle ne veut pas élever un tueur… comme si c’était mon linge qui allait faire de moi un tueur. As-tu une idée à ce sujet, qu’est-ce que je pourrais dire à ma mère pour qu’elle comprenne qu’être un gothique ne fait pas de moi un criminel ?
Bonjour Dave.
Ta question est très d’actualité, en effet, toute la communauté québécoise a été touchée d’une manière ou d’une autre par la tragédie de Dawson. Il faut savoir que face aux sentiments de colère et de peur qui ressortent d’un tel événement, les gens ont parfois tendance à généraliser les actes d’un individu à toute une communauté, surtout lorsque celle-ci est considérée comme marginale. D’abord, mettons au clair un point très important : les actes qui ont été commis à Dawson sont impardonnables. Toutefois, le coupable de ces actes, avant d’être un gothique, avant d’être un fan de métal, était d’abord et avant tout un être humain. Le coupable, c’est donc lui en tant qu’individu et non la communauté à laquelle il appartenait. Un moyen possible pour sensibiliser tes proches à ta réalité serait peut-être de te servir de comparatif avec d’autres communautés ou groupes sociaux. Ainsi, il faut savoir que chaque communauté possède son lot d’extrémistes. Des meurtriers, on en retrouve partout, que ce soit chez les chrétiens ou les musulmanes, les fans métal ou les rappeurs, les blancs ou les noirs, etc. Il peut être utile aussi de mentionner qu’en général lorsqu’une tragédie comme celle de Dawson se produit, la communauté à laquelle appartenait l’auteur du crime condamne les actes qui ont été commis. En bref, cela signifie que la communauté n’appuie pas les actes du criminel et que donc, il ne faut pas croire que les actions de certains extrémistes représentent l’idéologie de toute une communauté. En espérant que cette piste de réflexion te permettra de « déboguer » le dialogue avec tes parents! Bonne chance!
Le Riposteur
Automutilation
Bonjour le Riposteur,
Je t’écris aujourd’hui en espérant que tu pourras m’aider à comprendre un peu ce qui se passe chez-moi. Je suis une mère monoparentale de deux adolescentes de 13 et 18 ans. L’aînée est actuellement au CEGEP et ça va très bien pour elle. C’est donc ma fille de 13 ans qui me préoccupe beaucoup ces temps-ci. J’ai toujours eu une bonne relation avec elle et en général elle fonctionne assez : elle a de bonnes notes à l’école et elle fréquente un bon groupe d’amiEs .
Cet été, j’avais remarqué qu’elle portait toujours des chandails à manches longues, même lorsqu’il faisait très chaud. Lorsque je lui demandais pourquoi, elle me répondait que c’était pour être « in » ??? Je n’en ai donc pas fait trop de cas, jusqu’à ce que je me rende compte, la semaine dernière, qu’elle avait de multiples cicatrices sur les bras. Mon cœur de mère en a pris tout un coup. À ce moment, elle a fondu en larmes et m’a avoué que c’est elle qui se faisait ça. Elle m’a aussi expliqué qu’elle n’arrivait pas à s’en empêcher parce que ça lui faisait du bien ??? Je ne comprends pas pourquoi elle fait ça : elle est tellement belle et ces cicatrices sont là pour toujours ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et qu’est-ce que je peux faire ?
Une maman paniquée
Bonjour chère maman paniquée,
Je dois d’abord vous dire que je comprends votre détresse : quand on met des enfants au monde, on tente de les protéger des dangers extérieurs. Aussi, quand on réalise que le danger vient de l’intérieur, il est normal de se sentir démuni. Je vais donc tenter de vous expliquer brièvement ce qui se passe et vous suggérer des pistes de solution.
L’automutilation est un problème qui touche environ 13 % des adolescentEs et peut se manifester de différentes façons : coupures, brûlures, coups, empêchement de la guérison d’une blessure, etc. Le but principal de l’automutilation consiste à amener chez la personne qui la pratique, un soulagement des tensions accumulées (ennui, dépression, déception, colère, angoisse). Aussi, l’automutilation peut également répondre à une recherche de sensations fortes, mais également comme une façon pour la personne de s’autopunir, lui donnant ainsi l’impression de se racheter face l’image négative qu’elle peut entretenir d’elle-même. Il faut donc voir dans le phénomène de l’automutilation, un moyen d’expression pour des jeunes qui sont incapables ou n’ont pas appris à extérioriser leurs émotions. Il s’agit cependant d’une stratégie inefficace, puisque le soulagement n’est que temporaire, d’où le besoin parfois compulsif de recommencer.
Maintenant, que pouvez-vous faire pour aider votre fille? Dans un premier temps, il est tout à fait inutile de la punir ou de la blâmer. Je vous encourage à lire davantage sur cette problématique, ce qui vous aidera à mieux comprendre et vous serez ainsi plus en mesure de recevoir les confidences de votre fille à ce sujet.
Certains jeunes vont cesser ce comportement lorsqu’il est découvert. Toutefois, si la situation persiste, une aide professionnelle est fortement recommandée. Ainsi, l’évaluation du professionnel permettra de déterminer la gravité du problème et le traitement approprié. Il pourrait même découvrir derrière le comportement d’automutilation, un état dépressif ou anxieux, qui nécessite des traitements plus spécifiques. La thérapie pourrait permettre à votre fille de développer des moyens de communication plus adéquats, ce qui entraînera une diminution de la pulsion qui la pousse à s’automutiler. Espérant que ces informations sauront vous guider, je vous souhaite bon courage et bonne chance dans vos démarches!
Le Riposteur
Chez-toi, chez-moi ou chez-eux?
Salut Riposteur,
D’après ce que j’ai pu lire dans ta chronique jusqu’à maintenant, tu sembles avoir du « bon sens » et j’aimerais avoir ton opinion sur une situation qui commence à me faire ch… pas mal.
J’ai presque 17 ans et ma copine que je fréquente depuis bientôt 9 mois en a 16. Notre problème est lié au fait qu’il nous est formellement défendu par nos parents respectifs d’avoir des relations sexuelles au domicile familial. Comme nous habitons tous les deux chez nos parents et que la chasteté avant le mariage ne fait pas partie de nos principes de vie, on a comme un problème là. Nos parents ne s’opposent pas à ce qu’on ait une vie sexuelle (ouf!). Mais bien que l’on ait respectivement une bonne relation avec eux et que le sujet a été abordé, ils demeurent totalement bornés sur la question. Te rends-tu compte que ma blonde peut dormir à la maison …mais pas dans ma chambre. Je veux bien croire que c’était pas permis dans leurs temps mais là on est en 2006, faudrait qu’y arrivent en ville un moment donné! C’est ben beau de pouvoir aller au motel mais à 14h par semaine au salaire minimum, je te dis qu’on peut pas « moteler » souvent, pis les p’tites vites en cachette ça fait son temps. Je ne voudrais pas que la relation avec mes parents et beaux parents se détériore à cause de ça et comme j’entame mes études collégiales, j’en ai pour trois ans encore à habiter sous leur toit. Qu’est-ce que t’en penses? As-tu une solution pour nous ?…Ou une adresse de motel pas cher??? J’attends de tes nouvelles.
Simon
Salut Simon,
En effet, de ton point de vue cela semble effectivement une situation bien embêtante. Cela ressemble à un conflit de valeur dans sa plus noble expression, et il n’y a pas trente-six solutions pour le résoudre. La position de vos parents sur la question est tout a fait légitime dans le sens qu’ils ont l’autorité légale et morale de gérer leur demeure comme ils l’entendent. Mais ce n’est peut-être pas inébranlable dans la mesure ou vous saurez identifier ce qui est sous-entendu et souvent non-avoué dans l’expression de leurs valeurs et de leurs décisions. Je veux dire par là qu’ils ont peut-être des craintes (i.t.s.s, grossesse) , des malaises (discuter sexualité, vous entendre, vous surprendre), des perceptions ou préjugés (pratiques sexuelles non conventionnelles, peur du jugement d’autrui), etc…qui font en sortes qu’ils préfèrent que çà ne se passe pas chez eux. Qu’ils ne tentent pas de vous soumettre à la chasteté avant le mariage…c’est déjà çà de gagné!
C’est à toi et ta copine de tenter de dénouer l’impasse avec eux par une discussion franche, rationnelle et explicite sur la question. Faites leur part de vos besoins et des contraintes que ce contexte vous impose. Abordez les thèmes des dépistages des I.T.S.S., de la contraception, des moments qui seraient jugés les plus opportuns pour des rencontres intimes, etc… Choisissez un moment propice où l’ambiance est détendue et se prête à ce genre de discussion, évitez la confrontation, soyez réceptif à leur argumentation et peut-être que l’une ou l’autre des autorités parentales se montrera plus flexible sur leur position s’ils ressentent de la maturité et du respect dans votre démarche.
Bonne jase!
Le Riposteur
La première fois…
Bonjour Riposteur,
Comment vas-tu ? Moi ça peut aller par contre, ces derniers temps je me pose beaucoup de questions et suis assez inquiet. C’est que vois-tu, moi et ma copine avons décidé de faire l’amour, ça sera la première fois pour nous et ça me rend nerveux. En réalité j’ai peur, peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir comment lui donner du plaisir, peur de sa réaction lorsqu’elle me verra nu. En fait j’aimerais que tout se passe bien et me demandais si tu ne pouvais pas m’aider un peu ?
Cher toi,
D’abord j’aimerais te dire que se faire rassurer lorsque l’on aborde une nouvelle expérience est tout à fait naturel. Aussi, je tiens à préciser que la sexualité est quelque chose qui s’apprend : il n’y a donc pas de recette magique.
Ensuite, tu dois savoir qu’il y a plusieurs formes de plaisir en dehors de la pénétration : s’abandonner, l’excitation, les baisers, les caresses, l’orgasme, le partage d’intimité, le don de soi et plus encore. Aussi, sache que de toutes ces différentes formes de plaisir, aucune n’est mieux qu’une autre : elles procurent simplement des satisfactions différentes.
De plus, j’ajouterais qu’il n’est pas nécessaire de tout essayer la première fois ou de se rendre jusqu’au bout. En fait, l’idéal c’est d’être assez à l’aise pour arrêter au bon moment et ainsi, respecter le choix de l’autre ou votre choix en tant que couple. À titre d’exemple, pense à un groupe de personnes qui se retrouvent au restaurant devant un buffet : certains mangeront de tout en même temps, d’autres mangeront peu, goûtant certains mets et se réservant ainsi la chance de se resservir. D’autres encore mangeront à s’éclater l’estomac au point de ne plus avoir envie d’y revenir, tandis que certains oseront à peine y goûter.
Donc comme tu peux le constater, il y a plusieurs façons de réagir face à un buffet et il en est de même pour ce qui est de ton approche face à la sexualité.
Toutefois, comme tu m’as demandé mon avis, je me permets de te suggérer l’alternative qui privilégie une certaine retenue. Donc, plus précisément, je crois qu’il est préférable de prendre le temps : celui de s’apprivoiser, de bien se connaître et de se réserver des surprises. Ceci dit, il existe différentes formes de sexualités, pour différents types de personnalités et pour tous les goûts. L’expérience et l’exploration vous permettront de découvrir ce qui vous convient davantage.
Aussi, plus concrètement, tu dois savoir que l’orgasme est plus difficile à atteindre pour les filles que pour les garçons, d’où la nécessité d’apprendre à bien se connaître et de définir ensemble, ta copine et toi, les critères d’une relation satisfaisante. Et surtout, n’oublie pas qu’elle aussi a sûrement ses craintes, d’où l’importance de bien déterminer ensemble vos attentes et de veiller à ce qu’elles ne soient pas trop grandes.
Donc en somme, faire l’amour se vit dans la tête, le corps et les émotions. Il est important pour vous deux de bien communiquer en vous de posant des questions, en étant attentifs et à l’écoute l’un de l’autre, le tout dans un climat de complicité et de confiance.
Pour terminer, j’aimerais te dire que faire l’amour n’est pas une course à l’exploit. Il s’agit plutôt de se faire plaisir et de s’aimer mais surtout, il s’agit d’être prêts et bien ensemble.
Le Risposteur
Prendre un p’tit coup c’est… pas toujours agréable!
Salut !!!
Moi j’ai juste une petite question à te poser par rapport au calage. En passant, mon nom c’est Éric… L’autre fin de semaine, moi et ma gang, on s’est ramassé dans un party super trippant, qui a finit aux petites heures … tu vois le genre. Pis comme tu peux te l’imaginer, on s’est enfilé une coupe de petites « frettes » en arrière de la cravate. Plus tard dans la veillée, on a bien ri parce que y’en a un de la gang qui s’est retrouvé dans les « vap » pas à peu près : il est tombé à pleine face sur le plancher…comme un sac de patates … Le lendemain, quand j’ai raconté ça à mon cousin, il m’a dit que notre chum aurait pu y rester. Sur le coup, je me suis dit ben voyons…il me semble qu’on a pas bu tant que ça … Mais je suis resté avec un doute. Pourrais-tu me dire ce que tu en penses : est-il vraiment passé proche ???
Bonjour Éric,
Je te remercie d’avoir pris le temps de m’écrire, car avec les bals de fin d’année et l’été qui s’en viennent à grands pas, je trouve que ton questionnement arrive en plein dans le bon temps.
Dans un premier temps, sache qu’il est tout à fait sain et normal pour tout être humain de rechercher le PLAISIR !!! Aussi, l’alcool est souvent associé à des moments privilégiés (‘’partys’’, repas entre ami(e)s, relaxation, etc.). Pour la majorité des gens, la consommation d’alcool demeurera contrôlée et appropriée. Toutefois, dans certains cas, il arrive que certaines personnes ‘’poussent le bouchon’’ un peu trop loin. Ainsi, si on est mal renseigné et et/ou qu’on ne respecte pas nos propres limites et ce, ajouté à toutes sortes de circonstances, la prise d’alcool peut effectivement entraîner la mort.
Alors comment faire pour savoir si quelqu’un de ton entourage est en danger suite à une consommation excessive d’alcool. Et bien voici un tableau tiré de la brochure ‘’Les jeunes et l’alcool’’, produite par le Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec en 2001. Ce tableau décrit essentiellement les situations où des individus se retrouvent en phase d’INTOXICATION AIGÜE; situations qui peuvent entraîner la mort dans un laps de temps aussi court et surprenant qu’une heure.
Si tu n’es pas certain de la gravité de l’état de ton ami, tu peux contacter le service Info-Santé (762-8144) ou le Centre Anti-Poison (1-800-463-5060). Aussi, dans le doute, je te recommande de ne prendre aucun risque et de faire conduire ton ami à l’urgence, où le personnel soignant sera en mesure d’évaluer la gravité de son intoxication. Après l’évaluation, soit ils le retourneront dégriser à la maison, soit ils le garderont sous surveillance jusqu’au lendemain. Cette initiative pourrait bien permettre que le prochain rassemblement ait lieu autour d’un feu de camp…et non d’un cercueil…
Le Riposteur
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